Khustain Nuruu

(GMT +7)

En Mongolie tous les transports publics se font en étoile depuis Oulan-Bator et il y a très peu de routes goudronnées (routes noires comme ils les appellent ici) ce qui rend les déplacements compliqués.
Nous prenons donc un chauffeur: Puntzuk qui se révélera être aussi chanteur, animateur de soirée et mécanicien (avec la particularité qu’il répare à peu près tout… en tapant dessus!) et une traductrice: Boogii qui sera également notre guide et une excellente cuisinière. Boogii est une nomade venue en ville il y a six après un hiver trop rude, elle a commencé par travailler à l’auberge (où nous l’avons rencontrée) pour faire le ménage et a, petit à petit, appris l’anglais avec les touristes. Elle nous apprendra tous les codes et les bonnes manières des nomades.

Nous partons donc ce matin pour « la grande aventure dans la campagne mongole » en bonne compagnie à bord d’un minibus soviétique.

Nous avons à peine passé deux collines que nous nous sentons déjà bien loin d’Oulan-Bator!
Des steppes s’étirent à perte de vue et nous nous sentons vraiment « au milieu de nul part » lorsque nous nous arrêtons pour faire un pique-nique.

Nous avons la chance d’observer des chevaux de przewalski sauvages (la différence entre les chevaux sauvages et les autres est souvent difficile à faire en Mongolie car ils sont tous en libertés, mais seul les chevaux protégés de przewalski n’appartiennent à personne). Nous voyons également des gazelles et entendons des cerfs bramer.

Nous nous arrêtons ensuite près d’une crypte de khan et admirons les stèles qui leur étaient dédiées avant de rejoindre une famille nomade. Cette rencontre est imprévue mais leur accueil est incroyable. Il leur tient à coeur de tout nous montrer et de nous « expliquer » leur mode de vie. Le soir même je trais une jument pendant que Mo rassemble le troupeau de mouton à bord d’une moto!

Nous nous endormons dans cette yourte en observant des cerfs au sommet de la montagne et en écoutant le chant des loups.

Le lendemain nous passons une bonne partie de la journée en compagnie de cette formidable famille. Nous goûtons l’aïrag (lait de jument fermenté) que nous n’aimons pas beaucoup et partageons leur quotidien rythmé par les traites (toutes les deux heures) et le rassemblement des troupeaux. Nous admirons leur dextérité lorsqu’ils attrapent leurs chevaux et nous sentons un peu dans le far-ouest!

Nous repartons à bord de notre bus tout-terrain pour planter notre tente sous les étoiles. Nous avons l’impression d’être dans un planétarium!

Le troisième jour est un jour de voyage. Juste le temps de prendre un petit déjeuné, Boogii nous a acheté du fromage président et nous le sert à la cuillère (les mongoles n’utilisent les couteaux que pour la viande) et c’est dans un éclat de rire que Puntzuk nous sort le couteau à viande lorsqu’il aperçois l’image sur le paquet, et nous prenons déjà la route.

Nous nous arrêtons dans un monastère. Le bouddhisme que nous rencontrons ici n’est pas celui que nous imaginions: empreint d’idoles et d’argent. Le lieu est néanmoins fort et beau.

Puis nous allons jusqu’à Arvaïkher (capitale de l’aïmag) où nous dînons dans un restaurant mongole, faisons quelques courses et allons aux douches publics!
A notre arrivée, nous demandons les toilettes. On nous montre une petite cabane en bois dans la cour. Nous comprenons que mis à part à Oulan-Bator nous ne trouverons pas de toilettes dans ce pays. Nous prenons notre dernière douche chaude dans ce lieu très étrange et ne savons pas vraiment si nous sommes plus propre avant ou après!

Nous continuons notre route jusque dans les montagnes. Nous croisons des buses, des aigles immenses et des centaines de petites marmottes ou de gerbilles. Nous sommes très secoué par ces trajets car les routes officielles ici sont l’équivalent des 15km de piste pour aller à Beauduc, les pistes elles, seraient plutôt un endroit ou quelques personnes sont passées avant nous!

Nous arrivons dans une nouvelle famille et nous endormons, crevés mais remplis d’images et de paysages incroyables…

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2 Responses

  1. Loïse says:

    Magnifiques vos photos..
    Vous êtes trop chou en petits fermiers mongoles j’adore…
    Je pense fort à vous…
    Bonne continuation 🙂

  2. JP says:

    Vous vivez une réalité qui paraît irréelle. Une sorte de conte ! Je vous embrasse et vous suis de très près en pensées.